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Surbooking

Une expulsion manu militari, ou en tout cas assez musclée, d'un passager de la compagnie d'United Airlines qui refusait de quitter l'appareil alors qu'on le lui demandait. Il faut dire qu'il avait pris sa place et payé son billet, donc il n'était pas content, et comme la compagnie avait vendu plus de billets qu'il n'y avait de places dans l'avion, il a fallu faire descendre quelques passagers, semble-t-il tirés au sort. Et l'un d'eux visiblement n'a pas apprécié ! Alors qu'est-ce qu'il allait faire dans cette galère ?

Tout simplement, il a été victime du surbooking : du fait que la compagnie a vendu plus de billets qu'il n'y avait de places dans l'avion.

Une pratique assez courante, qui mise, mais à l'aveugle, sur les défections. On sait bien que certains passagers vont échanger leur place au dernier moment, que d'autres la rendront, que certains rateront l'avion. Alors on compte que quelques places ne seront pas occupées, et on essaye de vendre au-delà du nombre prévu : on surbooke.

On surbooke. Drôle de mot quand même, dont l'origine anglaise ne fait aucun doute. En effet, To book anglais, ça veut dire réserver. Et l'anglicisme booking, même s'il est critiqué évidemment, s'entend souvent, notamment dans les milieux du spectacle : une agence de booking est un genre de bureau d'impresario - on passe de l'anglais à l'italien, de booking à impresario.

Alors que veut dire surbooker ? C'est réserver plus qu'il n'y a de places, mais le mot est étrange, parce qu'il l'a été bricolé à partir d'une base anglaise, book, et d'un préfixe bien français, qui est -sur. Donc ce n'est pas un mot anglais. C'est peut-être pour ça qu'il a une allure un petit peu française au début et un petit peu anglaise à la fin.

Mais il est sûr qu'on peut lui préférer surréserver et surréservation, même si ces mots semblent un peu lourds. En anglais c'est la préposition « over » qu'on utilise pour donner ce sens, alors qu'en français, sur- a cet office. Et ça correspond un petit peu à un autre préfixe, qui n'est plus très utilisé aujourd'hui, c'est outre- : ça donne l'idée de ce qui dépasse, ce qui outrepasse justement. Mais sur- est très productif : la surcharge par exemple, c'est la charge qui est en trop, en plus de ce qui est prévu.

Et la surchauffe, c'est ce qui chauffe davantage que ce qu'on pensait. Alors ce genre de construction évoque la plupart du temps un excès, elle souligne le dépassement : on surestime les capacités de quelqu'un quand on pense qu'il peut faire plus que la réalité. On le surévalue, c'est un peu la même chose. L'acteur qui surjoue, c'est celui qui en fait trop, qui exagère ses mimiques, et ses effets.

Et le surnaturel alors, sait-on bien ce que c'est ? Ben non, par définition on ne sait pas trop, mais tous les phénomènes qui nous paraissent inexplicables avec une logique purement rationnelle, tout ce qui semble défier la raison appartient au surnaturel.

Alors sur- parfois prend d'autres significations. Celle d'un rajout : une surinfection se superpose à une première infection, et un surcoût vient en plus de ce qu'on pensait avoir à payer.

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