Il mesure 19cm sur 11,5. On peut l'apercevoir à Hong Kong, à Istanbul ou sur les plages de Thaïlande, et quand on le voit, on peut être sûr qu'un Français est dans les parages.
Et oui! Vous avez reconnu « Le Routard », le guide touristique préféré des Français.
150 destinations et 55 millions d'exemplaires vendus en 50 ans d'existence, un vrai phénomène éditorial.
En croire l'éditeur, il s'en vend un toutes les 8 secondes !
Un touriste français sans guide du « Routard », est en croire plus rare qu'un touriste allemand sans Birkenstock !
L'histoire commence en 1970, en auto-stop, à la porte de Charenton, à Paris. Philippe Gloaguen, étudiant en école de commerce et voyageur passionné, va en Inde par la route. Inspiré par un petit livre pour hippies fauchés, « L'Europe à 5 dollars par jour », Gloaguen qui n’est hippie mais fauché quand même prend plein de notes pendant son périple et propose un reportage truffé de bons plans au magazine « Actuel », qui publie 6 pages et demie, intitulé : « Dernier arrêt, Krishna ».
L'idée d'écrire un guide touristique part de là.
Mais attention! Gloaguen et son co-auteur Michel Duval ne veulent pas fabriquer d'un énième guide pour retraités avec des descriptions ampoulé de monuments. Non. Ce sera un manuel pratique pour jeunes routards, le terme routard inventé par Jean-François Bizot, le directeur du journal, qui désigne un baroudeur, un voyageur avec un sac à dos qui écume les routes.
« Route », « routard », ça tombe sous le sens.
Comme l'idée étant trop nouvelle, les éditeurs ni croient pas et la rejettent, sauf la minuscule Maison Gedalge, qui sort donc en 1973 le tout 1er « Guide du Routard », couvrant une vingtaine de pays sur 320 pages.